En commençant la gravure, j’avais réalisé un petit boîtier autobiographique (La Jetée). Plein de défauts techniques évidemment mais produit d’une dynamique insouciante (ah! Les beaux débuts !). D’où l’idée en automne ’25 de relancer une série narrative. Une pure fiction; mais la part autobiographique est souterraine (l’action se passe en un lieu ami, la Cala del Leone, à Calafuria, en sortant de Livourne vers le Sud). A regarder en mode « galerie » (en cliquant dessus pour agrandir, et en navigant vers la droite) :
Pourquoi un plan fixe pour la moitié des images? Initialement l’idée était de faire un exercice à la Perec, une série d’images au décor strictement identique (pour paraphraser l’OuLiPo, une sorte d’OUvroir de la GRAvure POtentielle). Les images auraient été interchangeables, ouvrant la possibilité de créer un grand nombre de narrations différentes (coucou Raymond Queneau et son Cent Mille Milliards de Poèmes). Mais graphiquement le résultat « sonnait » incomplet et me renvoyait aux exercices un peu prétentieux des premiers temps de l’Association. J’ai donc intégré des gravures autres pour construire une histoire et la caler dans le temps.
Cela dit, il reste du projet initial la possibilité de réarranger les images pour modifier la narration. Cela peut d’ailleurs conduire à en changer le cours, mettons comme ceci :
Je n’ai pas exploré toutes les possibilités, assez nombreuses. On peut les dénombrer par la formule des permutations: 16 x 15 x 14 x 13 (…) x 2 x 1 = 2,09 x 10(e13), donc… 20.900 milliards ! Certaines ne font pas sens. Mais on peut laisser place au hasard et à la motivation des visiteurs.
A prendre en compte (ou pas), les contraintes que je m’étais fixées:
1. le traitement du décor varie d’une image à l’autre, et devient abstrait, transparent, figé ou inerte pour les personnages;
2. le sujet/objet qui porte un élément narratif dans l’image est traité différemment;
3. des images d’une autre temporalité s’intercalent (flashback ou flash-forward), de format différent;
4. à un moment on se jette à l’eau, ce qui est inévitable quand on voyage seul, ou qu’on rencontre un-e inconnu-e. Au passage je conseille aux visiteurs de Calafuria de se jeter à l’eau de la manière la plus symbolique possible (après deux brûlures de méduses, j’ai jeté le gant sur l’aspect sportif de l’affaire).
Comme écrivait Moebius : « Il n’y a aucune raison pour qu’une histoire soit comme une maison avec une porte pour entrer, des fenêtres pour regarder les arbres et une cheminée pour la fumée… On peut très bien imaginer une histoire en forme d’éléphant, de champ de blé, ou de flamme d’allumette soufrée. » (éditorial de Métal Hurlant n°4, octobre 1975)
Au travail: et pour vous aider, ci-dessous, une galerie dont l’ordre est généré aléatoirement. Pour lancer une nouvelle proposition, il suffit de rafraîchir la page. Communiquez-moi les combinaisons qui vous inspirent! J’ai identifié les images par des lettres, vous pouvez me donner le code sous forme, par exemple, FMAJKBC... etc). Les commentaires vous sont ouverts en bas de page si vous n’êtes pas timide.































